La violence faite aux hommes : une réalité encore trop souvent niée
Par: Johannie Therrien2026-05-20
La violence faite aux hommes : une réalité encore trop souvent niée
Quand on parle de violence conjugale ou familiale, l’image qui vient spontanément à l’esprit de plusieurs personnes est celle d’une femme victime et d’un homme agresseur. Pourtant, la réalité humaine est beaucoup plus complexe. Oui, les femmes peuvent être victimes de violence. Mais les hommes aussi. Et trop souvent, leur souffrance est minimisée, ridiculisée ou complètement ignorée.
Dans notre société, un homme qui subit de la violence vit souvent une double peine : la violence elle-même… puis le silence qui l’entoure.
« Un homme, ça ne se fait pas battre »
Cette croyance est encore profondément ancrée. Parce qu’un homme est généralement plus fort physiquement, plusieurs pensent qu’il lui serait impossible d’être victime de violence physique. Comme s’il suffisait d’avoir une plus grande stature pour ne plus ressentir la peur, l’humiliation ou la détresse.
Mais la violence ne se limite pas à la force musculaire.
La violence peut être psychologique, émotionnelle, verbale, sexuelle, financière ou physique. Elle peut prendre la forme de manipulations, de menaces, d’humiliation, de contrôle, de dénigrement constant ou encore d’isolement. Et lorsqu’un homme tente d’en parler, il se heurte souvent à des réactions comme :
« Voyons donc, défends-toi. »
« Impossible qu’une femme fasse ça. »
« Dit pas ça, t’as l’air d’un fif. »
« Tu exagères. »
« Quitte-là, si c’est si pire que ça. »
« Un homme victime ? Ça n’a pas de sens. »
Résultat : plusieurs hommes se taisent pendant des années.
Les femmes PN existent aussi
Le terme PN (pervers narcissique) est souvent associé aux hommes, mais les femmes présentant des comportements manipulateurs, toxiques ou destructeurs existent aussi. Une femme peut exercer une emprise psychologique extrêmement puissante sur son conjoint ou sur ses enfants.
Certaines utilisent :
la culpabilisation,
le chantage affectif,
les menaces,
la victimisation,
la manipulation émotionnelle,
les fausses accusations,
ou encore le contrôle constant.
Et parce qu’elles correspondent davantage à l’image de la « mère protectrice » ou de la « femme sensible », leur violence est parfois plus difficile à reconnaître socialement.
Un homme victime peut même craindre de dénoncer la situation, de peur qu’on se retourne contre lui ou qu’on le considère automatiquement comme l’agresseur.
Les enfants aussi peuvent être victimes
La violence exercée par une mère envers ses enfants demeure un sujet tabou. La société a beaucoup de difficulté à imaginer qu’une femme puisse être maltraitante envers sa famille.
Pourtant, certaines mères peuvent être :
verbalement humiliantes,
émotionnellement instables,
contrôlantes,
physiquement agressives,
ou psychologiquement destructrices.
Les blessures causées par ce type de violence peuvent marquer un enfant toute sa vie. Et lorsque le père tente de protéger ses enfants, il n’est pas toujours cru.
Pourquoi les hommes parlent si peu ?
Parce qu’on leur a appris à être forts. À ne pas pleurer. À encaisser.
Plusieurs hommes ressentent :
de la honte,
de la culpabilité,
la peur du ridicule,
la peur de perdre leurs enfants,
ou la peur de ne pas être cru.
Certains développent de l’anxiété, de la dépression, des dépendances ou des idées suicidaires. D’autres restent dans des relations destructrices pendant des années simplement parce qu’ils ne voient aucune porte de sortie.
Reconnaître toutes les victimes
Parler de violence faite aux hommes ne diminue en rien la souffrance des femmes victimes. La violence n’est pas une compétition entre les sexes.
Une société saine doit être capable de reconnaître toutes les victimes, peu importe leur genre.
Un homme peut être victime. Une femme peut être violente. Un enfant peut souffrir en silence. Et chaque personne mérite d’être entendue, soutenue et prise au sérieux.
Briser le silence
La première étape pour changer les choses est d’oser parler de cette réalité sans honte ni jugement.
Parce qu’aucune victime ne devrait avoir à prouver qu’elle souffre. Parce que la violence psychologique laisse des cicatrices invisibles mais profondes. Et parce qu’être un homme ne rend pas invulnérable.
La compassion, l’écoute et la justice devraient appartenir à tout le monde.